La Bécosse
À quoi sert le Salon du Livre?
Quelqu'un qui aime juste lire, pas un fils d'éditeur, ni l'éditeur lui-même, ni l'ami de l'éditeur, ni un auteur, ni un ami d'auteur, ni un aspirant auteur, ni un étudiant en littérature, ni un critique littéraire, il y retrouve quoi pour lui?
J'ai toujours pas compris pourquoi on s'y déplace en grand nombre.
Le moindre individu ayant un lien limité avec la communauté littéraire (un lecteur, point) ne peut sortir de là que perplexe après réflexion sur son expérience de marchage perpétuel, de pélérinage littéraire.
Le Salon est vraiment pas destiné à la lecture, à sa démocratisation, à la population en général; s'il l'était vraiment, il serait organisé autrement!
Quelqu'un qui aime juste lire, pas un fils d'éditeur, ni l'éditeur lui-même, ni l'ami de l'éditeur, ni un auteur, ni un ami d'auteur, ni un aspirant auteur, ni un étudiant en littérature, ni un critique littéraire, il y retrouve quoi pour lui?
J'ai toujours pas compris pourquoi on s'y déplace en grand nombre.
Le moindre individu ayant un lien limité avec la communauté littéraire (un lecteur, point) ne peut sortir de là que perplexe après réflexion sur son expérience de marchage perpétuel, de pélérinage littéraire.
Le Salon est vraiment pas destiné à la lecture, à sa démocratisation, à la population en général; s'il l'était vraiment, il serait organisé autrement!
Qu'est-ce qu'on y retrouve?
- Les livres
Organisés par éditeur. Y a pas à dire, c'est un labyrinthe pour le simple mortel (parce que les auteurs et éditeurs sont éternels on sait bien). On s'y promène, on s'y promène, et on s'y promène encore avec l'impression de repasser trois fois au même endroit. Si on y cherche un auteur bien spécifique, il faut connaître son éditeur. Je sais pas pour vous, mais nous dans notre bibliothèque, nos livres sont pas classés par éditeur; j'en connais les principaux, mais de là à savoir qui est publié où, c'est une autre histoire. Dans une librairie ou à la bibliothèque les livres sont classés de façon intelligente par thème ou par auteur, c'est clair que c'est pensé en fonction du lecteur, pour qu'il s'y retrouve. Mais dans la foire de l'éditeur "c'est moi qui ai le plus gros et le plus beau kiosque", on dirait qu'il y a vraiment peu de méninges qui se sont creusés pour les visiteurs qui cherchent à découvrir et à trouver des livres.
- Du monde
Parce que y découvrir les livres et des auteurs, on repassera. En plus de pas être organisé en fonction de ça, y a trop de monde pour qu'on puisse le faire en paix. On se retrouve en motton dans des espaces exigus a essayer en vain de lire quelques passages d'un roman. Et quand on essaie de se frayer un passage dans les allées, pas moyen de pas percuter une petite madame qui déambule la tête en l'air en pensant à la tache toute fraîche que Nathalie lui a faite en page de garde de sa bio. On est loin des espaces calmes et apaisants de la bibliothèque ou des bouquineries.
- Les prix
"Montréal, capitale mondiale du livre" mon oeil. Me semble que si quelqu'un là-dedans pensait à l'accessibilité de la lecture, ils profiteraient de l'événement pour offrir des rabais, des prix un peu plus bas qu'ailleurs. Les livres sont vendus directement par l'éditeur, ils bénéficient d'une marge de manoeuvre pas mal large sur les prix. Ils pourraient encourager la population à profiter du Salon pour acheter les livres. Ils font tout le contraire, ils vendent aussi cher ou encore plus cher que les libraires. Albin Michel voulait carrément m'arnaquer en vendant un livre 35$ alors que je l'ai trouvé à 26$ à la librairie. Y a près de 10$ de différence!
- Des séances de signatures
D'abord que je trouve le concept un peu con, ça part mal. Au Salon du livre le phénomène concerne surtout les auteurs à succès que la machine médiatique a décidé de rendre célèbres. Les petits auteurs pas connus restent plus souvent qu'autrement assis tout seuls à leur petite table et on a de la misère à les approcher parce que c'est intimidant d'être le seul à leur accorder de l'attention alors qu'on s'intéresse pas réellement à eux. Enfin, l'industrie littéraire est en manque de star-system et de culte de l'image ou quoi? Elle veut faire la rue pour des autographes et du glamour elle aussi?
Je doute pas une seconde que le Salon puisse être un endroit fabuleux et enrichissant pour les insiders de la littérature; pour le lecteur, c'est vraiment pas un endroit de rêve. Pourtant ça pourrait être tellement mieux. Ça me met en rogne de me promener au milieu de tant de livres et d'en sortir avec pas un seul en poche parce que je sais que je vais payer moins cher ailleurs, parce que j'ai pas pu prendre le temps de faire un choix éclairé et de me laisser découvrir un auteur sans jouer du coude pour me faire une place.
Je doute pas une seconde que le Salon puisse être un endroit fabuleux et enrichissant pour les insiders de la littérature; pour le lecteur, c'est vraiment pas un endroit de rêve. Pourtant ça pourrait être tellement mieux. Ça me met en rogne de me promener au milieu de tant de livres et d'en sortir avec pas un seul en poche parce que je sais que je vais payer moins cher ailleurs, parce que j'ai pas pu prendre le temps de faire un choix éclairé et de me laisser découvrir un auteur sans jouer du coude pour me faire une place.

5 Réponses:
J'ai écrit ça exprès pouru te faire réagir, tu sais bien! ;p
Célèbres; tu es pas d'accord avec quoi? Avec l'appellation?
Parce qu'il y a pas d'auteurs célèbres au Québec? D'auteurs populaires, dans le vent? Levy, Laberge, c'est quoi?
À ça on ajoute quelques auteurs de notoriété internationale et on a un bon groupe de têtes d'affiche que monsieur madame tout le monde (le citoyen moyen) connait, et les gens se déplacent pour les voir.
Pour les auteurs "nowhere", je veux bien m'approcher et leur parler, mais ce qui m'intimide c'est justement de savoir quoi leur dire, je ne les connais pas, je ne les ai pas lus donc je suis pas réellement intéressé par eux. J'ai l'impression que je serais insipide et faux.
C'est rigolo, tous les gens que je lis qui ont commenté leur sortie au Salon du Livre pendant le weekend l'on fait de façon fort négative... coudonc, est-ce qu'il y a quelqu'un qui l'aime, ce Salon? J'en arrive au même bilan que toi: c'est fait pour qui? Et quel labyrinte...
Personnellement, je trouvais surtout que ça sentait pas bon l'adolescence. Et surtout, il n'y a pas un ado qui semblait s'y plaire...
La dernière fois que je suis allée au salon, cela doit faire 10 ans.
J'avais un plaisirs fou à ramasser des signets gratuits :-)
Marie Laberge, c'est sûr qu'elle est facile à reconnaitre. C'est LA couette qui fait toute la différence. (vous savez, la belle couette blanche)
Ben écoutez, je veux pas dire que des auteurs célèbres sont des auteurs dont on a une image physique en tête.
Je veux dire que ce se sont des auteurs connus et populaires auprès du grand public, qui mobiliseraient très certainement des foules de jeunes ou de petites madames.
À l'international, je pense à Danielle Steel, Mary Higgins Clark, J. K. Rowling. Si on annonçait que Dan Brown est au Salon du Livre, je suis pas mal certain qu'il y aurait des émeutes...
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